Pétrole, quand tu t'envoles

Il n’y pas si longtemps, le passage à 100 $ le baril inquiétait tout le monde. Aujourd’hui, il flirte avec les 135 $. Angoissant ? Certainement.  N’assiste-t-on pas à une guerre économique menée par les pays de l’OPEP contre les Etats-Unis et la Chine qui n’hésitent pas à investir des pays pour leurs besoins énergétiques grandissants ? Réponse du berger à la bergère ? Nous pouvons nous poser la question. Ce match risque de voir apparaître plus d’un perdant et certains pays, dont le nôtre, y laisseront des plumes !

La France, dans une santé économique précaire, subit les effets de la mondialisation et se ressent déjà des conséquences de cette augmentation du baril de pétrole : les marins manifestent,  ils n’ont plus rien à perdre, leur survie en dépend... les routiers commencent à souffrir mais n’entrent pas encore dans la danse... les taxis se plaignent et les entreprises vont bientôt se ressentir de cette augmentation. Les conséquences, tout le monde les connaît... les prix vont grimper et c’est le commun des mortels qui paiera l’addition.


Ainsi, alors que les gens manifestent pour maintenir leurs années de cotisation à 40 ans, alors que l’on souhaite contraindre les chômeurs à baisser de 20% leur salaire de prétention s’ils ne retrouvent pas de travail au tarif de leur dernière fiche de paie, que nos députés votent allègrement des lois sur le renforcement des normes à des fins sécuritaires et environnementales créant ainsi inévitablement une inflation des coûts, le pétrole étend sa tache noire et visqueuse à l’ensemble du tableau.


Le gouvernement français se débat pour effectuer ces réformes nécessaires et se prend de plein fouet cette crise pétrolière. Or, ne va-t-il pas contribuer à accélérer un processus qui déjà pointait son nez : la paupérisation. En effet, lorsqu’il faudra baisser son salaire de 20% pour aller chercher du travail plus loin et que le prix de l’essence sera plus élevé... lorsqu’il faudra acheter son logement plus cher parce qu’il bénéficiera de la norme HQE (Haute Qualité Environnementale)... lorsqu’il faudra payer sa maison de retraite plus chère ou refaire son ascenseur parce que des normes de sécurité nous y oblige...Combien pourront payer l’addition ? Surtout si les entreprises ne réalisent plus les profits escomptés sur le territoire français et que l’Etat ne peut plus remplir ses poches pour assurer son train de vie.


Qui faudra-t-il alors taxer ? Les riches ou les multinationales qui seront déjà partis... les pauvres qui n’auront plus d’argent et qui ne pourront plus bouger...ou bien les quelque classes moyennes qui seront encore sur le territoire mais qui verront leur train de vie diminuer ?

Ne sera-t-on pas alors devenu un ex pays industrialisé ?